KÔMYÔZÔ-ZANMAI | La lumière spirituelle, trésor de Samadhi | Maître Koun Ejô - SÔTÔ ZEN ASSOCIATION - SUISSE

KÔMYÔZÔ-ZANMAI | La lumière spirituelle, trésor de Samadhi | Maître Koun Ejô

mardi 26 mai 2009 à 11:55

Ne transformez pas votre pratique en quête effrénée de la certification de votre Maître ou de signes prédisant le moment de votre éveil.


Voici quelques conseils judicieux que je souhaiterais édicter à ceux qui sincèrement aspirent à pratiquer la voie.

  • Fuyez ce désir de parvenir à un état d’esprit particulier ou à obtenir quelque chose de spécial.
  • Abstenez-vous de vous en remettre à ce que vous croyez être la sagesse et ne vous fiez pas à votre érudition.
  • Évitez d’être présomptueux parce que vous avez acquis un quelconque savoir en pratiquant.
  • Fuyez la nostalgie, jetez-vous de toutes vos forces et corps et âme dans le grand Komyozo.
  • Accueillez vos pensées, mais ne vous identifiez pas à elles. Ne courez pas après l’éveil ou n’essayez pas de dissiper vos illusions.
  • Pratiquez une assise constante et calme. Si vous ne recherchez pas à maintenir le flot de vos pensées, elles ne s’ancreront pas d’elles-mêmes. Seulement s’asseoir comme si vous étiez l’univers infini ou une boule de feu. Immergez-vous avec confiance dans l’inspire et l’expire.

Et tant bien même qu’apparaissent les 84’000 vices (bonnos), si vous n’y accordez pas d’importance - si vous ne les entretenez pas - et que vous les abandonnez à leur triste sort alors de chacun d’eux ou même de tous peuvent surgir la grande sagesse - prajna. Pas seulement dans la période de l’assise, mais aussi dans chacun de vos actions de tous les jours et cela sans aucune distinction. Faites en sorte que chaque moment de votre vie soit le dernier instant, complètement détaché de toutes attentes et de toutes considérations personnelles.

Inspirer ou expirer, toucher ou écouter, être sans pensée et limitation, ce n’est rien d’autre qu’être dans la tranquillité à la lueur de Komyozo. Dans le corps et l’esprit unifiés, vous êtes totalement présents, c’est pourquoi, dès qu’on vous appelle, vous répondez :

Forêts, fleurs, herbes et feuilles, être humains, animaux, petit ou grand, long ou court, carré ou rond : tous s’expriment de concert indépendamment de toutes dissemblances. C’est au regard de cette lueur que les gens ordinaires, les sages, les égarés et les éveillés ne font qu’un. Elle émerge d’elle-même et ne dépend en aucune manière de vos facultés mentales. Et même si vous vous mettez à agir, elle ne sera en aucune manière affectée.

Depuis le commencement cette lueur n’a eu de cesse d’être active. Dans ce monde, elle n’apparaît pas de concert avec la venue des Bouddhas et quand ces derniers entrent dans le nirvana, elle ne les rejoint pas automatiquement. Komyozo n’est pas apparue lors de votre naissance et ne disparaîtra pas lors de votre mort. Elle ne se bonifie pas auprès des Bouddhas, elle ne se déprécie pas auprès des êtres ordinaires. Ce n’est pas parce que vous êtes dans l’erreur qu’elle l’est, pas plus qu’elle est éveillée parce que vous l’êtes. Elle n’a aucune position, aucune apparence, aucun nom. Elle est le cœur des phénomènes. Vous ne pouvez pas vous en emparer comme vous ne pouvez vous en débarrasser. Bien qu’elle soit insaisissable, tant physiquement qu’intellectuellement, elle est. Du plus profond du paradis aux profondeurs de l’enfer, tous les endroits sont éclairés de la même façon, sans distinction. C’est l’inconcevable rayonnement de la spiritualité providentielle. Si vous comprenez cela, vous n’avez plus besoin de questionner tout le monde au sujet de ce qui est juste ou faux. C’est comme si vous vous retrouviez soudainement face à face avec votre grand-père dans une ville inconnue.

Depuis le commencement, ce Samadhi (komyozo-zanmai) est l’endroit où par sa pratique Sakyamuni atteignit l’éveil - l’océan de tous les Bouddhas. C’est aussi zazen, l’assise des Bouddhas, la pratique des Bouddhas, celle qui nous a été fidèlement transmise de génération en génération. Ne transformez pas votre pratique en quête effrénée de la certification de votre Maître ou de signes prédisant le moment de votre éveil. Il est préférable de fuir tout attachement aux fastes et de ne pas vous laissez dominer par vos penchants sexuels.

Comme vous êtes déjà des fils de Bouddha, alors assoyez-vous fermement avec la même conviction que les Bouddhas. Ne vous assoyez jamais en vous comportant comme des démons, des esprits affamés, des animaux, des esprits vengeurs, des êtres humains, des êtres célestes, sravakas, ou pratyekabuddhas mais pratiquez Shikantaza. Ne perdez pas votre temps. C’est cela l’esprit véritable du lieu où Bouddha eut l’éveil. C’est ce qui est désigné par komyozo-zanmai, l’inconcevable libération.

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Jisha

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